Journal d'un catholique libertaire
« Si quelqu’un veut être le premier, qu’il soit le dernier de tous et le serviteur de tous. »
(Marc 9, 35)

CHRONIQUE N°162
Vol au Louvre : quand la France perd ses bijoux et sa fierté
lundi 20 octobre 2025

Subtile : Symbole d’un pays qui se rêve encore phare du monde, mais qui n’éclaire plus que ses vitrines. Le vol des joyaux du Louvre sonne comme un rappel brutal : quand la mémoire s’enfuit, c’est la nation qui se vide.
C’est un fait divers à faire trembler les dorures : au Louvre, on a volé les joyaux de la Couronne. Pas une babiole, non : le diadème de l’impératrice Eugénie, une broche dite « reliquaire », un grand nœud de corsage… Huit pièces, huit symboles, envolés en plein jour.
Un casse digne d’un film… sauf qu’ici, il n’y a ni élégance ni panache. Juste une honte nationale. Le plus grand musée du monde, censé être une forteresse, s’est fait dépouiller comme une supérette de province. Voilà donc où en est la France : incapable de garder ce qu’elle a de plus précieux… sa culture, son patrimoine.
On apprendra bientôt qu’il faudrait 800 millions d’euros pour revoir la sécurité du Louvre et rénover ses murs qui tombent en décrépitude. Trop cher, paraît-il. On trouvera mille bonnes raisons pour différer, ajourner, « prioriser autrement ». Le mot magique. Mais, curieusement, on a trouvé sans trembler 1,4 milliard pour rendre la Seine baignable, histoire que deux nageurs médiatiques puissent barboter devant les caméras des Jeux.
C’est à se demander si nous n’avons pas troqué nos diamants contre des combinaisons de bain.
Ce vol n’est pas seulement un échec technique : c’est un symbole. Il raconte un pays qui brade son passé pour se payer du présent, qui préfère le spectacle à la substance. On repeint les façades, on illumine les berges, on se rengorge d’« attractivité culturelle », pendant que l’histoire se fait la malle… par une simple fenêtre… par des types déguisés en gilets jaunes.
Les joyaux de la Couronne ne valaient pas seulement leur poids en or. Ils portaient un éclat d’éternité, celui d’une France sûre d’elle, raffinée, fière de son héritage. En les perdant, on perd plus que des pierres : on perd une part de notre prestige, de notre respect de nous-mêmes. On est la risée du monde.
Mais qu’importe, diront certains : tant que les touristes continuent de faire la queue sous la Pyramide, tout va bien. Mais là aussi, ils seraient soi-disant trop nombreux. La France se contemple dans son miroir sans voir qu’il se fissure. Le pays des Lumières est devenu un décor de vitrine, surveillé par des caméras hors d’âge et dirigé par des incapables.
Le Louvre, jadis gardien du génie français, devient l’allégorie de notre temps : façade calamiteuse, dévalisé à l’intérieur.
Et quand les voleurs seront arrêtés … si tant est qu’ils le soient.., on nous promettra une commission parlementaire , un rapport, une « réflexion globale sur la sécurité des musées ». Pendant ce temps, d’autres joyaux s’éteindront dans l’indifférence.
La France n’a plus besoin d’ennemis : elle se pille toute seule.
Didier Antoine

