Journal d'un catholique libertaire
« Si quelqu’un veut être le premier, qu’il soit le dernier de tous et le serviteur de tous. »
(Marc 9, 35)

DIMANCHE 30 NOVEMBRE 2025
1er dimanche de l'Avent ~ Année A

Bonne Nouvelle de notre Seigneur Jésus en Matthieu 24, 37-44
37 Notre Seigneur Jésus disait à ses dispciples : Comme furent les jours de Noé, ainsi sera la venue du Fils de l’homme. 38 Car comme, dans les jours avant le déluge, on mangeait et on buvait, on prenait femme et on prenait mari, jusqu’au jour où Noé entra dans l’arche, 39 et ils ne se doutèrent de rien jusqu’à ce que le déluge vienne et les emporte tous, ainsi sera la venue du Fils de l’homme. 40 Alors, deux seront dans le champ : l’un sera pris, et l’autre laissé ; 41 deux femmes moudront au moulin : l’une sera prise, et l’autre laissée. » 42 « Veillez donc, car vous ne savez pas quel jour votre Seigneur vient. 43 Sachez-le bien : si le maître de maison savait à quelle veille de la nuit le voleur vient, il veillerait et ne laisserait pas percer sa maison. 44 C’est pourquoi, vous aussi, tenez-vous prêts, car le Fils de l’homme vient à l’heure que vous ne pensez pas. »
MESSAGE
L’Évangile d’aujourd’hui nous parle d’une venue. Non pas d’un spectacle grandiose, mais simplement de la présence du Fils de l’homme, ce que le grec appelle ἡ παρουσία (hè parousía). La parousie, ce n’est pas « arriver un jour » : c’est « être là », pleinement, soudainement, comme si notre Seigneur Jésus nous disait : « Vous ne l’avez pas vu… et pourtant j’étais là, tout près, depuis longtemps. » Le Seigneur dit ensuite : « Comme aux jours de Noé, ainsi sera la venue du Fils de l’homme. »
Les gens mangeaient, buvaient, se mariaient… Pas des criminels. Pas des monstres. Des gens absorbés, pris dans le bruit du quotidien, le stress de ce monde agité. Et Jésus ajoute : « Ils ne se doutèrent de rien. » Ils vivaient, mais sans attention intérieure. C’est cela, dit le Seigneur Jésus, qui endort l’âme : le bavardage, l’occupation, l’agitation, la réussite, le courant qui nous emporte.
Puis le Seigneur Jésus donne ces images étonnantes qui peuvent choquer : « L’un sera pris, l’autre laissé. » Deux personnes font la même chose… dans le même champ… au même moulin… dans la même vie. La différence n’est pas dans l’activité, mais dans le cœur : éveillé ou non.
Ce n’est pas Dieu qui sépare… C’est la lumière qui révèle qui est ouvert, et qui dort encore debout. Alors notre Seigneur Jésus dit le merveilleux : « Veillez. » C’est un appel du cœur.
Pas un ordre… pas une alarme… un appel à rester vivant.
Le grec Γρηγορέω (grèg-oréo) veut dire : « rester éveillé » ; « garder les yeux ouverts » ; « ne pas s’enfermer dans la torpeur ». Ce n’est pas par la tension, ni par la peur, mais par une présence intérieure. Notre Seigneur Jésus ne dit pas : « Surveillez le ciel, attendez des signes, redoutez un voleur… » Il dit : « Restez humains… restez conscients… restez éveillés à ma présence, là où vous ne l’attendez pas. »
Et il termine par ces mots : « À l’heure où vous ne pensez pas, le Fils de l’homme vient. » Notre Seigneur Jésus dit en réalité : « Quand vous pensez avoir compris, quand vous croyez maîtriser, ce n’est jamais là que je me révèle. » Notre Seigneur vient dans l’imprévisible… dans notre faille… dans notre fragilité. Il entre par la porte que nous pensons condamnée.
Mes chers frères, mes chères sœurs, vous qui avez été heurtés par l’Église, par ses discours trop sûrs, par ses murs trop étroits, par ses voix parfois sans douceur… Vous qui vous êtes éloignés, non pas de Dieu, mais de ceux qui prétendent parler à sa place… écoutez cette bonne nouvelle : le Seigneur Jésus ne vient pas dans les lieux parfaits. Il ne vient pas là où tout est clair, carré, verrouillé. Il vient à l’heure que vous ne pensez pas.
Il vient dans vos nuits. Il vient dans vos découragements. Il vient dans les brèches de votre histoire. Il vient dans l’instant où vous croyez ne plus croire. Il ne vous demande pas des formules, ni des pratiques impeccables, ni de rentrer dans un cadre. Il vous demande une seule chose : restez éveillés. Gardez un coin de cœur ouvert… une mince flamme… un souffle… un désir minuscule.
Et là, dans ce presque rien, dans cette veille fragile, il se fait présence. Il se fait parousie.
Il se fait voisin. Non pour juger, mais pour relever.
Amen.

