Journal d'un catholique libertaire
« Si quelqu’un veut être le premier, qu’il soit le dernier de tous et le serviteur de tous. »
(Marc 9, 35)

Dieu voit bien les choses : Quand la foi devient liberté
vendredi 7 novembre 2025

2. Je reste attentif à ne pas croire ceux qui affirment que Dieu n’accorderait aucune attention ni n’écouterait les prières de ceux qui ne vont pas à la messe le dimanche ; qu’il enverrait des épreuves, des punitions ou des châtiments aux infidèles, aux blasphémateurs (ceux qui critiquent l’Église). Pire encore : que seuls les baptisés bénéficieraient de privilèges sur les grâces divines. Je ne plaisante pas, j’ai souvent entendu ce genre d’absurdités. Comment Dieu pourrait-il me juger ou me condamner parce que j’ai quitté ma communauté paroissiale et pris mes distances vis-à-vis de l’Église ? Je n’ai aucune crainte. Il connaît mon histoire, mon intimité, mes souffrances.
J’ai subi de l’indifférence, des injustices, des humiliations. Je suis semblable aux Galiléens du temps du Christ : un peuple méprisé par les autorités religieuses et les élites, un peuple de laissés-pour-compte, d’insignifiants, qui veut simplement mettre la Bonne Nouvelle de notre Seigneur Jésus au cœur de sa vie.
Non, je ne me suis pas rejeté moi-même, comme l’affirment certains fidèles. Non, ce n’est pas entièrement de ma faute. Ma recherche spirituelle n’a jamais cessé, même s’il y a eu un temps d’arrêt violent… une souffrance… des doutes.
Si les églises étaient si accueillantes, elles seraient pleines à craquer ! Je ne veux plus vivre ma foi en communauté, ni aller à la messe chaque dimanche. C’est mon choix. Et j’en suis heureux.
Je suis un croyant hors norme, mais je garde des valeurs et une grande sensibilité. Je ne renie pas mon identité catholique. Le catholicisme fait partie de mon histoire ; c’est mon identité depuis l’âge de six mois, et j’en suis fier. Le libertaire que je suis, issu de ma foi catholique, repose sur la conviction profonde que la liberté humaine est un don de Dieu, une responsabilité sacrée inscrite dans son dessein pour toute l’humanité.
Être catholique libertaire, c’est vivre dans une tension créative entre une foi enracinée dans des principes universels et le respect de la conscience individuelle, considérée comme le sanctuaire où Dieu parle à chacun. Cette liberté ne se limite pas à l’absence de contraintes ; elle se déploie dans le choix du bien, la recherche de la vérité et la quête d’une vie qui honore l’amour et la justice.
Ma perspective libertaire, nourrie par la doctrine sociale de l’Église, prône une société où l’autonomie personnelle s’allie à la solidarité, un espace où chacun peut exprimer pleinement son potentiel tout en servant le bien commun. Cette vision transcende les antagonismes idéologiques pour célébrer une liberté authentique, éclairée par l’Évangile.
Certes, il existe dans l’Église des femmes et des hommes formidables : des prêtres, des religieux et des religieuses extraordinaires. Mais soyons lucides : le clergé est en déclin, et ce sont les laïcs influents, supérieurs au sein de l’institution, qui prennent le pouvoir sur les subalternes.
Je suis un chrétien (catholique) heureux et libre.
Tout cela ne m’empêche pas de vivre ma foi chez moi. L’essentiel, c’est que l’Évangile reste au cœur de ma vie. Je suis libre de ne plus faire partie d’une communauté paroissiale ou de vie, libre de croire chez moi, libre de m’adresser à Dieu et à notre Seigneur Jésus, dans un édifice ou non, seul ou dans un monastère, libre de lire l’Évangile et de le méditer dans ma sphère privée ou en pleine nature, libre de penser par moi-même, avec ma propre sensibilité et mes propres émotions, libre d’agir auprès de ma famille, de mes amis, de tous ceux que Dieu a placés sur mon chemin : mon prochain, mais aussi ceux qui sont éloignés de l’Église.
Que nous habitions en ville ou en pleine campagne, je suis convaincu que Dieu et son Fils, notre Seigneur Jésus, à qui je m’adresse chaque jour dans le secret, ne me jugent pas, mais m’écoutent et me guident. C’est une certitude. Je remets directement mes péchés au Seigneur Jésus. Et il faut le dire : une grande majorité des fidèles ne se confesse plus. Ce n’est pas un acte d’insubordination envers l’Église catholique. Notre Seigneur me pardonne !
Je ne veux plus faire partie des communautés qui, au nom de Dieu ou de l’Esprit-Saint, prétendent me dicter exactement ce que je dois faire selon leurs intérêts, sous peine d’exclusion… voire de damnation éternelle.
Dieu voit bien les choses. Il sait précisément ce que je ressens au plus profond de mon être lorsque je m’adresse à lui dans ma chambre, celle qui est la plus retirée. Le Seigneur Jésus dit, en Matthieu 6, 6 :« Quand tu pries, retire-toi dans ta pièce la plus retirée, ferme la porte et prie ton Père qui est présent dans le secret ; ton Père qui voit dans le secret te le rendra. »
Depuis que j’ai découvert les bienfaits de la méditation de pleine conscience, mes prières sont devenues plus calmes, plus profondes et plus apaisantes. J’arrive à maîtriser mon esprit vagabond.
Ayons confiance. Dieu a envoyé son Fils, le Seigneur Jésus, pour nous sauver. Il est venu partager notre condition humaine et en comprendre chaque nuance, y compris celles de notre propre vie… parfois chaotique. Il est proche de nous. Il ne nous abandonnera jamais. Il est notre guide, notre joie, celui qui nous conduit à Dieu, son Père, notre Père.
Les hommes racontent ce qu’ils veulent. Le peuple n’est plus dupe : les craintes et les peurs ne fonctionnent plus. Dieu et Jésus seuls peuvent me comprendre et me juger. Mais rassurez-vous : il ne faut plus croire en un Dieu vengeur, car l’amour a remplacé la peur, et la miséricorde a triomphé de la colère. Les hommes n’ont plus la mainmise sur moi.
Personne ne peut aujourd’hui prétendre savoir ce que pensent notre Seigneur Jésus et Dieu notre Père. Personne ne peut prédire ni prononcer des châtiments en leur nom. Encore moins punir. Personne ne peut affirmer que les maladies mentales (autisme, schizophrénie et autres) sont des possessions démoniaques. Personne ne peut prétendre que les pandémies (la peste, le choléra, les grippes, la tuberculose, le VIH-Sida, la COVID-19) sont des punitions de Dieu. Il en va de même pour les dérèglements climatiques ou les catastrophes naturelles. Ces temps sont révolus.
C’est une libération ! Une révolution de l’amour de Dieu. Cet amour dépasse toutes les doctrines et tous les dogmes. Dieu me demande simplement de partager son amour avec chaque homme et chaque femme, surtout avec ceux qui sont les plus éloignés de l’Église.
Le Seigneur Jésus m’aime plus que tout. Il ne fait aucune distinction. Il est mon Berger, celui qui me conduit sur le chemin du Royaume. Son amour est une force immense, même pour une vie imparfaite et médiocre comme la mienne. Si la porte de l’Église est fermée, celle du cœur du Seigneur reste toujours ouverte, sans barrière ni barricade. Jésus me le rappelle dans Luc 11, 9-10 : « Demandez, et l’on vous donnera ; cherchez, et vous trouverez ; frappez, et l’on vous ouvrira. Car quiconque demande reçoit ; qui cherche trouve ; et à celui qui frappe, on ouvrira. »
Je n’ai qu’un seul guide, un seul intercesseur : le Seigneur Jésus, le Christ. Même si vous avez été blessés et éloignés de votre foi, pour retrouver le bonheur en tant que chrétiens, il faut d’abord rechercher votre paix intérieure, apaiser votre esprit et vous libérer des contraintes et des craintes. C’est une étape essentielle pour reconquérir un esprit libre, serein et tranquille. C’est à la portée de chacun de vous.

